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Le sacro-saint produit en croix
La règle de trois est à l’énergie
ce que le fromage, la pomme de terre et l’apéritif sont à l’Auvergnat, au
Nordiste et au Provençal : un principe de base. Retour en cours de mathématique
au collège Jules Verne. Le produit en croix est une méthode permettant de
déterminer la quatrième valeur d’un tableau proportionnel (qui en compte donc
4).
Ce tableau est dit « proportionnel » dès lors que a / b = c / d ce
qui signifie que les résultats (le quotient) des deux fractions sont égaux. Ce
résultat définie la relation, la règle mathématique s’appliquant à l’ensemble
d’un tableau. Exemple :
Ici 1 / 2 = 3 / 6 = 0,5 ou 2 / 1 = 3 / 6 = 2. On a donc la règle suivante :
Pour trouver d, on applique donc à c la règle définie par le rapport b / a soit :
Dans notre exemple, nous avons 3 * 2 ÷ 1 = 6. Le compte est bon.
L’énergie physique, primaire et finale
Après les révisons mathématiques,
un peu de physique. En respectant sa définition scientifique, l’énergie est la
capacité d’un système à transformer un état, à produire le mouvement ou de la
chaleur. On est pas bien avancé. Plus concrètement, il existe plusieurs formes
d’énergie dont certaines que nous utilisons quotidiennement telles que
l’énergie chimique (la combustion), thermique (la chaleur) ou encore mécanique.
Prenons l’exemple d’une voiture avec un bon vieux moteur à explosion.
L’essence dispose d’un pouvoir
calorifique, une énergie naturelle qui résulte des liaisons chimiques composant
la molécule. Lors de sa combustion, l’énergie chimique est libérée sous forme d’énergie
mécanique, le mouvement du vilebrequin et des roues et thermique, la chaleur
inutilisable constituant les pertes du système. Le rapport perte/énergie
utilisable (ici l’énergie mécanique) définie le rendement du système.
Nous avons donc : Énergie chimique = Énergie mécanique + Énergie thermique
Nous touchons ici la conservation
d’énergie, premier principe de la thermodynamique que l’on peut traduire par
« ni création, ni perte, transformation ». L’allégorie du cycle de
l’eau est ici très représentative ; l’eau s’évapore, puis se condense sous
forme de pluies et de neiges. Elle se transforme ou en liquide ou en solide ou
en matière vivante mais n’est ni détruire ni créée. Respectant ce principe de
conservation, nous ne créons pas de l’énergie mais la transformons pour la
rendre utilisable.
Le terme « énergie »
tel qu’on l’entend quotidiennement désigne en réalité une source d’énergie
utilisable (pétrole, charbon, vent, soleil...). Comme rien n’est simple, il
existe quelques particularités applicables à l’énergie et notamment la
distinction énergie primaire et finale.
En vous levant, vous allumez
votre machine à café, ouvrez votre frigidaire le temps d’accepter qu’il y ait
peu de chance que les tasses y soient rangées et émergez devant la télévision
ou en écoutant la radio. Ce rituel matinal nécessite une consommation d’énergie
dite « finale », c’est à dire l’énergie dont vous avez besoin en tant
que consommateur. En additionnant à l’énergie finale les pertes survenues lors
de son acheminement et la consommation d’énergie liée à sa production (les
pertes du système), on obtient l’énergie primaire. C’est aussi simple que ça.
Unités de mesures et conversions
Commençons par une base, les
préfixes kilo (k), méga (M), giga (G) et téra (T) couramment utilisés pour
définir les grandeurs énergétiques. Kilo étant équivalent à mille, méga à
million (le M de million à dont la même valeur que le M de méga), giga à
milliard et téra à billion, ou mille milliards, « billion » étant
également la traduction anglaise de « milliard ».
Précision effectuée, entrons
maintenant dans le vif du sujet avec la flopée d’unités à laquelle nous sommes
constamment soumis. La plus répandue est le wattheure, qui est une quantité
d’énergie définie par le produit puissance * temps avec temps en heure. Application
pratique, une ampoule de 5 watt consomme donc 5 watt par heure, si vous la
laissez allumé 3000 heures par an, vous consommerez donc 15000 wattheures dans
l’année (je vous laisse convertir en kilowattheure). Vous êtes ainsi en mesure
de calculer les économies d’énergie réalisables en remplaçant vos vieilles
ampoules halogènes de 50W par des LED à 4W.
Pour le gaz résidentiel, c’est
encore plus simple. Pour convertir en kwh facturé une consommation gazière
relevée en mètre cube, le fournisseur applique un coefficient de conversion qui
traduit la quantité d’énergie contenue dans un m3 de gaz. Pour les
conversions macro-économiques, même procédé mais avec une donnée moyenne, le
pouvoir calorifique inférieur et supérieur (PCI et PCS) qui évalue l’énergie
dégagée lors de la combustion de matière. La différence entre les deux réside
dans la récupération (supérieur) ou non (l’autre) de l’eau formé lors de la
combustion.
Enfin la tonne d’équivalent
pétrole (tep) ou tonne of oil equivalent (toe) en anglais, qui a remplacé la
tonne d’équivalent charbon dans la comptabilité énergétique internationale.
Cette unité nous permet de transiter vers la conversion énergétique, et oui
pour avoir une équivalence, il faut convertir.
Le processus est simple :
convertir en joule par l’application du PCI ou de l’égalité 1Wh = 3600J (la
raison est détaillée plus bas). La combustion d’une tonne de pétrole
libère ainsi une énergie de 41,868 Giga joules. Règle de trois, et 1 tep = 11 630
kWh
Terminons sur un exemple
pratique, la consommation de 100 litres d’essence. Son PCI est de 44 GJ par
tonne. Première étape, convertir nos litres en tonnes à l’aide de de la densité
de la matière, ici 740 kg/m3. Étant donné qu’un mètre cube contient
1000 litres, on arrive au résultat de 0,74 kg par litre d’essence soit 0,074 t et
3256 MJ pour nos 100 litres.
100 litres d’essence sont ainsi
équivalents à 904,4 kWh (3256 MJ / 3600 MJ par MWh * 1000 kWh par MWh) et 0,078
tep (3256 MJ / 41868 MJ par tep).
Vous êtes parés.
Particularité électrique
La comptabilité énergétique est
réalisée sur la base du « contenu énergétique » des ressources
disponibles. Or l’électricité n’est pas une ressource disponible mais une
énergie secondaire produite par transformation d’une énergie primaire (gaz,
charbon, eau, vent, etc...) dont le rendement varie selon les systèmes. Un
coefficient d’ « équivalence primaire à la production » est donc
appliquer au nucléaire et à la géothermie (respectivement 0,33 et 0,10).
De Joule à Watt en passant par Newton
Quelle est la relation physique entre le joule, le Watt et le Newton ?
Le Newton (N) est la force imprimé à une masse de 1 kg d’1 mètre par seconde au carré ou N = 1kg * m/s²
En énergie mécanique, le watt est la force générée par 1 newton se déplaçant sur une distance d’1 mètre pendant 1 seconde ou W = 1N * m/s
L’énergie cinétique (en joule) dégagée par une masse en mouvement s’exprime par la formule J = 1 / 2 m * v² avec m en kilo et v² en m/s soit 1 J = 1 kg * v²
Jouons avec ces trois constantes.
Si
N = 1 kg * m/s² et 1 J = 1 kg * (m/s)²
Alors
1 J = 1 N * m
Et si
1 J = 1 N *m et 1 W = 1 N * m/s
Alors
1 J = 1 W / s ou 60 J = 1 W / minute ou 3600 J= 1 W / heure




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